Moulin de Boeschepe

Je vous propose aujourd’hui une promenade photographique à Boeschepe, dans le Nord. Situé au cœur des monts de Flandre, ce village est surtout connu pour son moulin traditionnel, baptisé l’Ondankmeulen (« le moulin de l’Ingratitude », en flamand). Construit en 1802 à La Motte au Bois, un village situé à une quinzaine de kilomètres de Boeschepe, le moulin fut racheté et déplacé à son emplacement actuel en 1884. Il moulut ses derniers grains en 1957-1958, et après plusieurs années d’abandon, la propriétaire en fit don à la commune, qui entreprit de le restaurer. Le moulin fut ré-inauguré en 1976, puis inscrit au titre des monuments historiques l’année suivante. Photos prises le week-end dernier, à l’occasion d’une agréable sortie en famille. 🙂

Installé sur une petite colline (72 mètres d’altitude !), l’Ondankmeulen domine les champs alentour

Le bâtiment à gauche porte l’inscription 1884 ; c’est l’année où le moulin fut installé à son emplacement actuel. Au fond, à droite, l’église de Boeschepe.

L’Ondankmeulen est un moulin à pivot, c’est-à-dire que la partie supérieure pouvait tourner pour orienter les ailes face au vent

Au pied du moulin, l’estaminet De Vierpot perpétue une autre tradition des Flandres !

Les environs du moulin sont propices à la promenade, en particulier lors des longues soirées d’été

À gauche, deux perches de tir à l’arc vertical — encore une tradition du Nord !

Toute la famille profite de la beauté et du calme des lieux…

Fin de la promenade, j’espère qu’elle vous a plu !

E. D.

Glendalough, Irlande

Accessible en une heure de voiture depuis Dublin, Glendalough (littéralement, la « vallée des deux lacs ») est la principale attraction touristique du Parc National des Montagnes de Wicklow. Creusée durant la dernière période glaciaire, occupée par une communauté monastique dès le VIe siècle, et exploitée pour son galène (minerai de plomb) aux XIXe et XXe siècles, la vallée est un lieu chargé d’histoire, en plus d’être propice à la randonnée. Photo prise en mai 2019.

Détails de la prise de vue
Appareil : Canon 7D Mark II
Focale : 24 mm
Ouverture : f/4
Sensibilité : 200 ISO
Exposition : 1/1600 s
Traitée avec DxO PhotoLab

E. D.

Ciel ouvert (partie 3)

Chose promise, chose due : voici la troisième et dernière partie de ce billet consacré aux observations astronomiques que j’ai réalisées durant le confinement. Après la Lune et Vénus, nous allons cette fois parler du Soleil !

Notre étoile est un astre à part, à de nombreux égards. C’est bien sûr, par définition, le seul que l’on ne peut pas voir la nuit ! C’est aussi le seul dont l’observation peut être réellement dangereuse : il est si brillant qu’il peut endommager la rétine de façon irréversible, a fortiori si on le regarde à travers un instrument qui concentre ses rayons. Enfin, et au risque de formuler une autre évidence, c’est la seule étoile très proche de la Terre, et donc la seule dont on peut facilement suivre l’activité.

Pour contempler le Soleil en toute sécurité, je dispose d’une petite lunette de marque Coronado, dédiée à ce type d’observations. Elle ne laisse passer qu’une infime partie de la lumière, et ce à une longueur d’onde précise, qui correspond à la principale raie d’émission de l’hydrogène*, dite « H-alpha ». C’est un instrument formidable pour découvrir l’astronomie solaire, mais il a un défaut : il n’est pas vraiment conçu pour la photographie. Plus spécifiquement, en installant un appareil photo à la place de l’oculaire, il est impossible d’obtenir une image nette.

Une astuce bien connue consiste à tenir l’appareil photo à main levée derrière l’oculaire, à la place de l’œil. Cela fonctionne plutôt bien avec les téléphones portables, car ils sont légers et ont de petits objectifs qu’il est relativement aisé d’aligner avec l’oculaire. Mais encore faut-il réussir à régler correctement l’exposition et la focalisation… Le cliché ci-dessous est un exemple de ce que j’ai pu obtenir de mieux avec cette technique. On distingue de belles protubérances sur le bord du disque solaire (en haut à droite), mais l’image est mal focalisée, et le disque lui-même est fortement surexposé.

Le Soleil en « H-alpha », photographié avec un iPhone 8 tenu derrière l’oculaire de ma lunette Coronado (pose de 1/9 s)

J’ai donc profité du confinement pour essayer d’obtenir de meilleurs résultats. À l’aide d’un nouvel oculaire doté d’un pas de vis à son sommet, je peux désormais utiliser mon boîtier reflex avec la lunette. De cette façon, non seulement je gagne en qualité par rapport au capteur de mon téléphone, mais surtout, je n’ai plus à me soucier de maintenir l’alignement et je peux donc prendre mon temps pour ajuster les paramètres de prise de vue. J’ai ainsi pu photographier d’autres protubérances (en bas), hélas un peu moins belles que celles visibles quelques semaines plus tôt :

Le Soleil en « H-alpha », photographié avec un boîtier Canon EOS 7D Mark II (pose de 1/13 s)

Le disque solaire est encore un peu surexposé, mais c’est inévitable si on veut révéler les protubérances, qui sont relativement peu lumineuses. En revanche, en abaissant davantage le temps de pose, j’ai pu faire ressortir des détails sur le disque :

Le Soleil en « H-alpha », photographié avec un boîtier Canon EOS 7D Mark II (pose de 1/80 s ; cliché désaturé)

La texture particulière que l’on distingue ici, ce sont les granulations. Elles correspondent au sommet de cellules de convection, avec en leur centre du gaz plus chaud (donc plus brillant) qui remonte à la surface, et au bord du gaz plus froid (donc plus sombre) qui replonge vers l’intérieur. Autrement dit, observer les granulations, c’est observer directement le « bouillonnement » de notre étoile !

En combinant par ordinateur les deux prises de vue précédentes, j’ai pu produire une image montrant à la fois les granulations et les protubérances  :

Ces phénomènes ne sont pas les seuls observables à la surface du Soleil. On peut aussi rechercher des taches solaires, sortes de grains de beauté qui se déplacent lentement sur le disque et révèlent ainsi la rotation de notre étoile sur elle-même. Mais leur nombre varie fortement au cours du temps (de quelques-unes jusqu’à quelques centaines par mois !), avec une cyclité d’environ onze ans. Or, nous sommes proches du minimum d’activité : très peu de taches ont été visibles ces derniers mois. Leur nombre devrait repartir lentement à la hausse d’ici la fin de l’année, et le prochain maximum est attendu pour… 2025. J’ai donc encore du temps pour me perfectionner en photographie solaire !

E. D.

* L’hydrogène est le premier constituant du Soleil ; il représente près des trois-quarts de sa masse.

Ciel ouvert (partie 2)

Alors que le confinement général lié à l’épidémie de Covid-19 touche à sa fin en France, il est temps que je partage avec vous quelques autres observations astronomiques que j’ai réalisées durant ces huit semaines, et qui m’ont permis de m’évader plusieurs fois au-delà de mon cercle d’un kilomètre, sans attestation et pourtant en toute légalité…

Dans la première partie de ce billet, je vous ai montré les photos que j’ai prises dans le cadre du « challenge lunaire » organisé par la revue Ciel & Espace, qui avait pour but de suivre les changements d’aspect de notre satellite durant la lunaison d’avril. Mais l’autre « star » du mois, c’était la planète Vénus, immanquable au crépuscule au-dessus de l’horizon ouest. Le 3 avril, elle nous a offert un superbe spectacle en venant se faufiler parmi les étoiles du célèbre amas des Pléiades, dans la constellation du Taureau :

Vénus en conjonction avec l’amas des Pléiades, le soir du 3 avril
(focale de 300 mm ; pose d’une seconde)

Mon appartement donnant vers l’est, je n’ai malheureusement pas pu admirer Vénus très souvent après le coucher du Soleil. Qu’à cela ne tienne, j’ai décidé de l’observer… en pleine journée ! Vénus est en effet suffisamment brillante pour être repérée dans le ciel diurne, à condition de savoir à peu près où chercher (et de faire très attention à ne pas pointer son appareil photo ou ses jumelles vers le Soleil). C’est d’ailleurs ce qui m’avait permis d’assister à son occultation par la Lune en décembre 2015.

Bien sûr, en plein jour, inutile d’espérer capturer les étoiles en arrière-plan comme sur le cliché précédent. Alors, à quoi bon photographier un petit point isolé ? Eh bien, en réalité, Vénus n’est pas que brillante, elle a aussi un diamètre apparent suffisamment grand pour que l’on puisse distinguer assez facilement sa forme :

Évolution de l’apparence de Vénus au cours du mois d’avril
(focale de 300 mm ; poses de 1/1000 s)

Sur cette série de photos prises entre le 3 et le 30 avril, on peut constater deux choses. Premièrement, la phase de Vénus change : elle passe d’un quartier (un demi-disque) à un croissant. Deuxièmement, la taille de Vénus augmente, même si ça ne se joue qu’à une poignée de pixels sur ces images. On peut déduire de tout cela que l’angle Soleil-Vénus-Terre — qu’on appelle justement l’angle de phase — augmente, tandis que la distance Vénus-Terre diminue. Autrement dit, on est en train d’observer Vénus se glisser lentement entre la Terre et le Soleil ! Cela n’a certes rien d’exceptionnel, puisque ce phénomène se reproduit tous les dix-neuf mois environ, mais je trouve intéressant de pouvoir avoir un tel aperçu du mouvement des planètes avec du matériel grand public (en l’occurrence, un reflex et un objectif 70-300 mm).

Bien sûr, rien n’interdit de faire des images plus fines en plaçant l’appareil photo derrière un télescope :

Le croissant vénusien et le premier quartier de Lune à la même échelle, le 30 avril
(appareil photo monté sur un télescope Newton de 150 mm de diamètre et 750 mm de focale ; poses de 1/800 s)

Même si Vénus continue de se rapprocher de la Terre à l’heure où j’écris ces lignes, l’amincissement de son croissant fait désormais diminuer son éclat. De plus, sa distance angulaire avec le Soleil diminue, ce qui rend l’observation plus dangereuse en journée. On peut toutefois continuer à l’admirer en toute sécurité au crépuscule, pour encore deux semaines environ. La conjonction inférieure (c’est-à-dire l’alignement Soleil-Vénus-Terre, inobservable en l’absence de transit) aura lieu le 3 juin, puis on retrouvera le croissant vénusien vers le milieu du mois, mais cette fois dans le ciel de l’aube…

J’avais maintenant prévu de vous montrer quelques photos du Soleil, mais je me rends compte que ce billet est déjà bien assez long, et qu’il est déjà bien assez tard. Il faudra donc attendre la partie 3 ! D’ici là, je vous souhaite un bon déconfinement. Prenez soin de vous, et restez prudents.

E. D.

Ségovie, Espagne

Bien que la période ne soit pas propice aux voyages, je vous propose aujourd’hui une rapide escapade en Espagne, plus précisément dans la région de Castille-et-León, pour y découvrir la ville de Segovia (francisé en Ségovie). Son centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1985, en raison notamment de son immanquable aqueduc romain, dans un état de préservation remarquable, plus de dix-neuf siècles après sa construction. Plus fort encore, l’ensemble ne tient que sous son propre poids : les blocs de granite qui le composent ne sont en effet liés par aucun mortier ! Photo prise en janvier 2019.

Détails de la prise de vue
Appareil : Canon 7D Mark II
Focale : 10 mm
Ouverture : f/5
Sensibilité : 100 ISO
Exposition : 1/500 s
Traitée avec DxO PhotoLab

E. D.

Ciel ouvert (partie 1)

Voilà plus d’un mois que je suis, comme la plupart des gens en France, confiné chez moi en raison de l’épidémie de Covid-19. Les promenades sont limitées à une heure par jour et, surtout, à un tout petit kilomètre autour du domicile. Les voyages et les randonnées commencent donc à furieusement me manquer, d’autant plus que la météo a été particulièrement agréable ces dernières semaines ! Mais pour le moment, je ne peux que prendre mon mal en patience…

Alors, comment s’évader un peu, lorsque notre monde est soudainement réduit à ~3,14 kilomètres carrés ? Bien sûr, il y a ce que j’appellerais l’évasion « par procuration », à travers la lecture, la télévision ou les jeux vidéos. Mais c’est d’une autre forme d’évasion dont je veux vous parler ici : celle qui nous emmène, à la vitesse de la lumière, loin des Hommes et de la Terre. Car, tandis qu’ici-bas de nombreux lieux publics sont désormais fermés ou inaccessibles, le ciel, lui, reste ouvert à tous les contemplateurs — du moins tant qu’il n’y a pas trop de nuages !

Problème : j’habite en ville, et en appartement, qui plus est. Cela veut dire que les conditions sont loin d’être idéales pour l’observation astronomique. Il y a d’abord la sempiternelle pollution lumineuse — que l’on pourrait pourtant réduire le temps du confinement, puisque les rues sont quasi-vides en soirée, mais c’est un autre débat… Et puis, mon appartement n’étant pas traversant, je ne peux voir qu’une moitié de la voûte céleste (en l’occurrence, la moitié orientale). Impossible, par exemple, d’admirer le coucher du Soleil depuis mon balcon… si ce n’est par réflexion dans les immeubles voisins !

Le coucher du Soleil reflété dans les fenêtres d’un immeuble voisin. (Photo prise avec mon téléphone portable.)

Mais je reviendrai sur l’observation du Soleil dans la deuxième partie de ce billet. Parlons d’abord de l’astre le plus facile à observer : la Lune. Je l’ai photographiée à plusieurs reprises ces dernières semaines, encouragé en cela par le « challenge lunaire » lancé par la revue Ciel & Espace. Le but de cette opération ? Réaliser une animation de la lunaison d’avril à partir de clichés pris par des astronomes amateurs partout en France. Voici mes quelques contributions :

Le 2 avril à 14h58

Le 3 avril à 21h51

Le 7 avril à 20h02

Le 12 avril à 1h20

Le 14 avril à 4h50

Ces photos ne couvrent que la période entre le premier et le dernier quartier, mais illustrent bien comment l’aspect de notre satellite change en fonction de sa phase, de sa hauteur dans le ciel et du moment de la journée sur Terre. Le lent glissement du terminateur — la limite entre la partie de la surface éclairée par le Soleil et celle plongée dans l’obscurité — fait ressortir tel relief ou tel autre selon la date à laquelle on observe. Bref, la Lune est à la fois figée pour toujours, et pourtant toujours changeante…

Toutes ces photos ont été prises sans télescope, avec un « simple » objectif 70-300 mm, et c’est déjà suffisant pour reconnaître les différentes mers lunaires et un certain nombre de cratères, à condition de s’appuyer sur un bon atlas. On peut aussi s’amuser à localiser approximativement les sites d’atterrissage des missions Apollo, ou plus récemment de la sonde chinoise Chang’e 3. En revanche, inutile de chercher celui de son successeur Chang’e 4, car il se situe… sur la face cachée !

E. D.

Note ajoutée le 27 avril : la revue Ciel & Espace a dévoilé ce matin le film réalisé à partir des clichés du « challenge lunaire », et il est magnifique !

Cherry blossoms

Pour fêter (avec un mois de retard, certes) l’arrivée du printemps, je vous propose aujourd’hui une promenade virtuelle autour du « bassin tidal » de Washington, pendant le festival des fleurs de cerisiers. Ces photos ont été prises le 6 avril dernier, soit cinq jours après le pic de fleurissement tel que défini par le National Park Service. Bon printemps à tous !

Les cerisiers en fleur et le Washington Monument

Panorama depuis l’exutoire du bassin (tout à gauche, le mémorial à Thomas Jefferson)

Au fond, le mémorial à Martin Luther King et, encore derrière, le quartier d’affaires de Rosslyn

Vue depuis l’entrée du bassin (là où les eaux du Potomac entrent à marée haute)

Quelques jours à peine après le pic, beaucoup de pétales sont déjà tombés !

E. D.

Tobermory, Isle of Mull

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Avec son millier d’habitants, Tobermory est le plus important village de l’île de Mull, sur la côte ouest de l’Écosse. C’est aussi et surtout un très pittoresque port de pêche, dont les maisons multicolores égayent les journées de grisaille comme de beau temps. Tobermory profite également du développement du tourisme, puisqu’il sert de point de départ à de nombreuses excursions en bateau vers Staffa et les îles Treshnish.

Détails de la prise de vue
Appareil : Canon 7D Mark II
Focale : 24 mm
Ouverture : f/5,6
Sensibilité : 100 ISO
Exposition : 1/500 s
Traitements : cadrage, distorsion, tonalité, contraste, couleurs

E. D.

Fernsehturm, Berlin

Inaugurée en 1969 au cœur de Berlin-Est, la Fernsehturm — « tour de télévision » en allemand — est un monument plus spectaculaire que réellement esthétique, même si sa sphère centrale aux reflets métalliques lui apporte une touche (rétro)futuriste. Avec ses 368 mètres de hauteur (42 de plus que la Tour Eiffel), l’antenne est en tout cas une invitation à lever les yeux vers le ciel, et à y admirer les nuages aux contours délicats qui s’y trouvent parfois… Photo prise en septembre 2018.

Détails de la prise de vue
Appareil : Canon 7D Mark II
Focale : 18 mm
Ouverture : f/4
Sensibilité : 100 ISO
Exposition : 1/500 s
Traitements : tonalité, contraste, couleurs

E. D.

PS : ce blog n’est pas mort ; la preuve, il bouge encore ! 😉

La Nouvelle-Orléans, Louisiane

Carrefour culturel s’il en est, La Nouvelle-Orléans est sans doute la plus atypique des grandes villes américaines que j’ai eu l’occasion de visiter. Le carnaval est une fête totalement déjantée, notamment sur Bourbon Street, où il pleut littéralement des colliers de perles depuis les balcons des maisons coloniales (et où l’alcool coule à flots, aussi). Cette semaine, pourtant, c’est un événement beaucoup plus sérieux qui se déroule dans l’ancienne capitale de la Louisiane française : le congrès d’automne de l’AGU (American Geophysical Union), qui rassemble plus de 20 000 chercheurs en géosciences, dont un certain nombre de mes collègues, que je salue au travers de cette carte postale ! Photo prise en mars 2014, durant le carnaval.

Détails de la prise de vue
Appareil : Canon 1100D
Focale : 47 mm
Ouverture : f/8,0
Sensibilité : 100 ISO
Exposition : 1/160 s
Traitements : cadrage, vibrance, ombres

E. D.